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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Coronavirus : les impacts du confinement plus importants que le virus en lui-même

 
Avant propos :
Seul le nombre total de décès est fiable. L’estimation des cas de COVID, dans le contexte où le dépistage n’était pas systématique, est sujet à caution. Plusieurs facteurs peuvent intervenir tendant à en surestimer le nombre dans certains cas et le sous-estimer dans d’autres.
Les données présentées ci-dessous feront toujours état des décès au lieu de décès et non au lieu de résidence.

 

 

204 décès imputés au coronavirus en Loire-Atlantique au 11 mai (inclus)

Au 11 mai, la France recense 26 643 décès liés au coronavirus : 16 820 dans les hôpitaux et 9 823 dans les établissements médico-sociaux.

La Loire-Atlantique a été peu impactée par la pandémie du coronavirus. Entre le 18 mars et le 11 mai, 204 décès lui sont imputés : 136 à l’hôpital et 68 dans les établissements médico-sociaux.

136 décès du coronavirus à l’hôpital en Loire Atlantique au 11 mai (inclus)


En Loire-Atlantique, 136 personnes sont décédées du coronavirus à l’hôpital entre le 18 mars et le 11 mai 2020. Cela représente 0,8 % des décès en France liés à la pandémie (16 820 décès à l’hôpital au 11 mai). Dans le département, un peu plus de 2 décès par jour en moyenne sont lié au coronavirus pendant cette période. Rappelons qu’en moyenne 36 personnes décèdent quotidiennement en Loire-Atlantique en 2019. Les personnes décédées du COVID-19 en Loire-Atlantique représentent 0,01 % de la population.

Le nombre de personnes qui décèdent par rapport au nombre de personnes hospitalisées pour suspicions de cas COVID-19 est faible dans le département. Au plus fort de la crise, soit le 13 avril, 2 % des personnes hospitalisées en lien avec l’épidémie de coronavirus sont décédées. Ce même jour 0,02 % de la population de Loire-Atlantique était hospitalisée pour COVID-19.

59 % des personnes décédées en Loire-Atlantique sont des hommes. 85 % des personnes décédées dans la région Pays-de-la-Loire étaient âgés de 70 ans ou plus. L’âge moyen au décès est de 83,5 ans. Les caractéristiques des personnes décédées sont équivalentes à celles observées en France.

 

68 décès dans les établissements médico-sociaux en Loire-Atlantique au 11 mai (inclus)

Tout comme les personnes décédées à l’hôpital, la pandémie n’a pas eu un fort impact sur la mortalité dans les établissements médico-sociaux.
68 décès ont été recensés au sein de ces établissements en Loire-Atlantique. Ces décès représentent 0,7 % des décès liés à l’épidémie de COVID-19 en France dans ces établissements. Le département compte environ 16 500 places en structures pour personnes âgées (EPHAD, maison de retraite, résidence autonomie), soit 2,2 % des places de France métropolitaine. Les personnes âgées décédées du coronavirus dans le département représentent une infime part (0,4 %) des personnes hébergées dans ces structures.
Au niveau régional, 224 personnes sont décédées au sein des établissements médico-sociaux (30 % des décès ont eu lieu en Loire-Atlantique) et 64 autres dans les hôpitaux. Plus de 98 % des personnes décédées résidaient dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD et autres établissement EHPA, résidence autonomie, résidences séniors).

Au final, ce sont 204 décès imputés au coronavirus dans le département sur les 4 750 décès toutes causes confondues, survenus en Loire-Atlantique depuis le 1er janvier.

 

7 % des décès ont pour cause l’épidémie de « coronavirus »

 

Si on zoome sur la période du 18 mars au 11 mai, chaque jour 36 personnes en moyenne sont décédées en Loire-Atlantique. Les décès ayant pour cause l’épidémie de COVID-19 représentent 7 % des décès du département. Tout comme sur le graphique précédent, un pic de décès est observé autour de la mi-avril, non imputé au coronavirus. Il n’est pas possible, aujourd’hui, d’en déterminer les causes.
Néanmoins, on peut penser que les décès recensés comme « COVID-19 » sont sous-estimés car les données présentées font état des décès dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux uniquement. À ces décès doivent s’ajouter les personnes décédées à domicile, non dépistées, sans qu’il soit possible de les dénombrer.

 

+ 133 décès en 2020 par rapport à la moyenne 2017-2019


Les décès sont marqués par une certaine saisonnalité. En effet, ils sont plus important durant la période hivernale (liée aux maladies saisonnières) et diminuent tout au long du printemps pour atteindre leur niveau le plus bas en été, avant de remonter en automne. Des pics de décès conjoncturel ont parfois lieu comme par exemple lors de la canicule de 2003 ou encore les épidémies de grippe saisonnières plus virulentes (2015, 2017 et 2018).
Si les décès à l’hôpital ne font pas état d’une surmortalité liée à l’épidémie de COVID-19 (en moyenne 2 décès par jour), un pic de décès toute cause de mortalité confondue est constaté à la mi-mars et la fin avril. Cela laisse penser qu’un certain nombre de cas COVID n’ont pas été comptés comme tels.
Pour autant, les 5 premiers mois de 2020 en Loire-Atlantique n’ont pas été sensiblement plus mortels (4 750 décès entre le 1er janvier et le 11 mai 2020) que ceux des années précédentes (4 490 en 2017, 4 695 en 2018 et 4 712 en 2019 sur la même période) : soit 133 décès supplémentaires recensés par rapport à la moyenne 2017-2019.

Cette légère augmentation des décès est d’autant plus marginale qu’elle peut aussi s’expliquer par d’autres facteurs structurels (mineurs d’une année sur l’autre, mais visibles à long terme) : tel qu’une population plus nombreuse chaque année, entraînant nécessairement un nombre de décès plus élevé. Mais également une population vieillissante, en lien avec des générations nombreuses qui atteignent des âges avec un risque de mortalité plus important.

 

Et après ?

Si la Loire-Atlantique a relativement été épargnée par l’épidémie de COVID-19, les impacts du confinement devraient être plus important :
-    Vers une surmortalité de contrecoup ? Le recours moins important au médecin pendant la période de confinement peut faire craindre un risque important de retard de diagnostic et de complications, évitables en temps normal. Ce retard entraînant une hausse des décès à plus long terme. De plus, après plusieurs semaines de confinement (du 16 mars au 11 mai), il est possible que l’impact de celui-ci entraine d’autres effets négatifs, même si non mortel à court terme, tels qu’une hausse des maladies psychiques/psychologique (stress lié à l’incertitude de l’avenir, dépression, suicide, …), de l’alcoolisme, de l’obésité, …
-    Un pic de naissances pour 2021 ? ou une baisse de la natalité a plus ou moins long terme en lien avec la fermeture des lieux de socialisations et le retardement des mises en couple ?
-    Une augmentation de l’apport migratoire de longue distance sur la métropole nantaise ? en En lien avec une fuite des habitants des grandes villes vers des villes moins densément peuplées telle que Nantes ?
-    Une augmentation des déménagements vers la périphérie métropolitaine avec un départ plus fréquent des habitants de la ville vers des communes moins peuplées ? En effet, après plusieurs semaines passées enfermés dans de petits espaces, la peur que les « autres » nous contaminent, peut entraîner un rejet de la densité, ce rejet qui entrainerait une relance de la périurbanisation.
-    Une évolution de la demande et des besoins des ménages en termes de logement ? La séparation des couples entraînant un besoin en logements plus important encore qu’aujourd’hui ? Ou encore les séniors souhaitant retarder leur entrée dans des structures collectives (EPHAD, résidences séniors, etc.).  
La Loire-Atlantique a été épargnée par la pandémie liée au coronavirus, peu de décès ont été recensés. Un pic de mortalité a été constaté entre la mi-mars et la mi-avril, même si celui-ci n’a pas toujours été imputé au COVID-19. Le nombre total de décès comptabilisés ces 5 premiers mois aura été auront été équivalent à celui des années précédentes.
En revanche, le département devra faire face aux impacts du confinement, notamment en terme de dynamique économique et démographique. II s’agira de veiller au cours des prochaines semaines à l’évolution réelle de celles-ci et de leurs possible inflexions.

 

 

  • 204

    décès imputés au coronavirus en Loire-Atlantique au 11 mai (inclus)

  • 7 %

    des décès ont pour cause l’épidémie de «coronavirus»

  • + 133

    décès en 2020 par rapport à la moyenne 2017-2019

  • 4 750

    décès entre le 1er janvier et le 11 mai 2020 en Loire-Atlantique

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