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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Conjoncture économique – l’emploi reprend des couleurs mais sans retrouver son niveau d’avant crise

Un rebond de l’emploi salarié privé au T3 qui ne compense pas les pertes occasionnées depuis le début de la crise sanitaire

Au troisième trimestre 2020, après le confinement du printemps, la plupart des établissements ont repris au moins partiellement leur activité. L’emploi salarié privé et l’activité intérimaire connaissent donc des hausses dans toute la France dès la fin du deuxième trimestre et cette dynamique se poursuit sur le T3.
Dans la zone d’emploi de Nantes, après deux trimestres de baisse (- 2,2 % au 1er trimestre par rapport au T4 et - 0,5 % au T2 par rapport au T1), les effectifs se redressent de 1,4 % ce trimestre soit plus de 5 100 postes créés, notamment dans l’intérim et le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Néanmoins, cette reprise ne parvient pas à compenser les pertes d’emplois depuis le début de la crise sanitaire. Ainsi sur un an l’emploi recule de 0,4 % dans la zone d’emploi de Nantes soit 1 437 postes de moins qu’au T3 2019.

Au sein de la métropole nantaise, ce recul est encore plus marqué (-0,7 %). Ce sont presque 2 100 postes de moins qu’au T3 2019 qui sont dénombrés, lié principalement au niveau de l’intérim toujours bien inférieur à un an auparavant, ainsi qu’à des reculs d’effectifs dans le commerce et la construction., contrairement au reste de la zone d’emploi. Malgré les difficultés du secteur aérien, l’emploi dans l’industrie progresse tout de même de 1 % au T3 2020, contrairement au reste du département (-1 %), et en particulier de la zone nazairienne, plus spécialisée dans ce secteur très impacté. Ces données reflètent la situation à fin septembre 2020, or le second confinement de l’automne risque de ternir un peu plus le bilan de l’année 2020.

 

Évolution annuelle de l’emploi au T3 2020, par EPCI en Loire-Atlantique

Source : Urssaf pays de la Loire, données brutes, traitement AURAN

 

La file d’attente pour le retour à l’emploi s’allonge ces derniers mois, occasionnant une hausse du taux de chômage

Alors que le second confinement est en place depuis un mois, au 30 novembre 2020, 64 286 demandeurs d’emplois étaient inscrits en catégories A, B et C à Pôle emploi dans la métropole nantaise. Parmi ces inscrits, près de 60 % n’ont pas du tout travaillé au cours du mois (catégorie A). Depuis le début de la crise sanitaire, les personnes occupant des contrats d’intérim, des contrats de très courte durée, précaires et/ou saisonniers ont vu leurs possibilités de travail considérablement réduites. Les inscriptions en catégorie A sont en hausse de 12 % par rapport à novembre 2019, ce qui représente 4 175 demandeurs de plus. Parmi eux, près de 20 % ont moins de 26 ans, dont les inscriptions sont en hausse de 17 %, et elles sont particulièrement marquées sur les profils des diplômés du supérieur. Les possibilités d’insertion des demandeurs sur le marché du travail sont plus réduites compte tenu du manque de visibilité des entreprises et des ralentissements sectoriels spécifiques (culture, restauration, commerce, intérim…). Depuis le printemps, les dépôts d’offres de postes et les déclarations d’embauches ont chuté à un niveau 2 fois inférieur à celui habituellement observé.

Ce ralentissement important du marché du travail a pour effet d’interrompre la tendance à la baisse de ces dernières années du chômage. Ainsi, le taux de chômage dans la zone d’emploi de Nantes progresse de 0,7 point, atteignant 7,5 % au T3 2020.

Une hausse nationale est anticipée par l’Insee et la Banque de France à 11 % dans les prochains trimestres. Les effets sur le marché de l’emploi et les défaillances d’entreprises, dans les secteurs les plus fragilisés notamment, seront sans doute plus importants que ceux précédemment connus lors de la crise de 2008. Depuis le printemps 2020, le nombre d’allocataires du RSA progresse fortement, avec la perte brutale des revenus des personnes en situation de précarité. En Loire-Atlantique, 32 400 ménages était allocataires du RSA en novembre 2020, soit 12% de plus qu’en 2019. En matière de soutien direct aux demandeurs d’emploi et aux plus précaires, l’État a annoncé plusieurs mesures ciblées et exceptionnelles (sous conditions restrictives et/ou de ressource) au cours de l’année 2020 : prolongations d’indemnités en fin de droit, aides au logement, prime exceptionnelle et revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire, aide pour les demandeurs travaillants habituellement dans les secteurs saisonniers fortement impactés (évènementiel, hôtellerie/restauration/intérim), ainsi que le report du second volet de la réforme de l’assurance chômage qui devait notamment diminuer le niveau d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Ces mesures, chiffrées à 1,1 milliards d’euros, sont considérées comme insuffisantes par les associations de lutte contre la pauvreté au regard des sommes par ailleurs engagées pour le soutien de l’économie.

 

Une économie sous perfusion en 2020

Depuis le début de la crise sanitaire, les États européens ont mis en place des politiques budgétaires et monétaires compensatoires pour soutenir leurs économies. La dette publique française atteint fin 2020 près de 116 % du PIB. Les principales mesures de soutien l’État français sont des aides directes aux entreprises impactées par des fermetures administratives (Fond de Solidarité), le financement de l’activité partielle pour le paiement des salaires (dit « chômage partiel ») et une garantie (PGE) offerte aux entreprises contractant des prêts auprès des établissements de crédit afin d’assurer leur trésorerie de court et moyen terme.
Ainsi, plus de 203 millions d’euros ont été distribués en Loire Atlantique au titre du Fond de Solidarité en décembre 2020.
Sur la métropole nantaise, 3,5 millions d’euros d’aides sous forme d’avances remboursables ont également été accordées dans le cadre du fonds territorial Résilience, administré par la Région des Pays de la Loire et constitué avec l’aide financière des intercommunalités. Les secteurs des services aux entreprises, de l’hébergement restauration et du commerce, fortement impactés par les mesures sanitaires, ont capté une grande partie de ces aides. Plus de 1,2 milliards d’euros de prêts garantis par l’État ont été accordés à des entreprises de la métropole nantaise, en particulier dans les secteurs des services aux entreprises, du commerce et de la communication. Les dettes à court terme (à 1 an, servant à équilibrer les trésoreries) des entreprises métropolitaines se sont accrues de 607 millions en 1 an, atteignant 1,6 milliards d’euros. Le prolongement des mesures d’urgence sanitaire et la situation économique toujours très perturbée ont conduit l’État et les acteurs du financement de l’économie à adapter les conditions de remboursement de ces prêts pour les entreprises les plus exposées.

Les difficultés économiques ont été temporairement amorties par les dispositifs et les plans de l’État et des collectivités. Pour autant, l’activité économique début 2021 est encore très fortement perturbée et l’endettement croissant des petites entreprises du commerce, des services aux entreprises et de l’hébergement restauration est préoccupant. Les chefs d’entreprises sont inquiets du manque de visibilité pour l’avenir. Si d’un côté les créations d’entreprises sont en retrait, particulièrement sur la métropole nantaise, pour l’instant, les chiffres de défaillances d’entreprises ne sont pas encore révélateurs des difficultés sous-jacentes.
Pour autant, il est acquis que la situation économique va continuer de se tendre dans les prochains mois et que la reprise sera à accompagner plus longuement pour les secteurs les plus impactés.

  • + 1,4 %

    d’emplois salariés privés au T3 2020 par rapport au T2 2020 dans la zone d’emploi de Nantes

  • -1 437 emplois salariés privés

     de moins au T3 2020 (par rapport à 2019) dans la zone d’emploi de Nantes

  • 38 383 demandeurs d’emplois

    en catégorie A (n’ayant pas du tout travaillé au cours du mois) dans la métropole nantaise en novembre 2020

  • +12 %

    d’inscrits en catégorie A à Nantes Métropole en novembre 2020 par rapport à 2019

  • 7,5 %

    de taux de chômage dans la zone d’emploi de Nantes au T3 2020

  • +0,7 points

     de taux de chômage par rapport au T3 2019

  • 1,2 milliards d’euros

    de PGE accordé aux entreprises de la métropole nantaise fin 2020

  • 203 millions d’euros

     d’aides distribuées aux entreprises en Loire-Atlantique au titre du Fond de Solidarité en décembre 2020

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