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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Les différents visages du parc de la Morinière, Rezé

Si aujourd’hui, le parc de la Morinière est un écrin de verdure très prisé par les promeneurs, il est également le témoin privilégié du passé industriel de la ville.

Cela débute dès le XVIIIe siècle, les usines s’y installent et se succèdent. Il faut dire que l’endroit regorge d’atouts non négligeables. À proximité de la Sèvre et de l’actuel quai Léon Sécher, le transport des produits industriels mais aussi des ouvriers en est facilité.

Puis vient l’année 1837. Une année particulière qui marque l’installation de la première savonnerie de la région nantaise dirigée par Charles Bonamy et Gustave de Coninck. À cette époque, la cité des Ducs cherche justement une nouvelle façon d’exploiter les anciens circuits commerciaux de la traite négrière. Elle profite également de la levée sur l’obligation de recourir à l ‘huile d’olive dans la confection des savons. À la place, elle aura plutôt recours à de l’huile de palme importée de la côte occidentale d’Afrique beaucoup plus rentable. Le succès est au rendez-vous outre atlantique permettant ainsi aux savonneries nantaises de tirer leur épingle du jeu dans un secteur alors dominé par la ville de Marseille. L’aventure prendra malgré tout fin en 1847.

La savonnerie laisse ainsi place à une tannerie-corroierie en 1848. Henri Suser, qui a racheté les bâtiments, mettra deux ans à les réaménager. Un effort récompensé, l’usine deviendra la seconde entreprise du département en terme de chiffre d’affaires. Spécialisée dans la fabrication de semelles et chaussures en cuir, elle connaîtra son apogée au cours de la guerre franco-prussienne de 1870 en confectionnant des guêtres pour les soldats. Il profitera de cette période pour faire construire le manoir dit du « petit Choisy », toujours visible actuellement. Henri Suser décèdera cependant en 1879. Son fils fera alors face à une baisse d’activité qu’il n’arrivera pas à endiguer, provoquant la fermeture de l’entreprise.

En 1894, la société nantaise de produits chimiques s’implante à son tour sur le site. Elle fabrique des composants bleus servant à l’extraction de l’or. Or, cette production est très polluante. En 1905, une explosion eut même lieu provoquant des retombées de produits chimiques autour du site. Aujourd’hui il est encore possible de voir des roches teintées de bleu par endroit. Cette particularité a d’ailleurs donnée son nom à l’un des chemins de promenade jouxtant l’ancienne usine : « le chemin bleu ». L’entreprise vivra jusqu’à la première guerre mondiale et sa disparition marquera la fin de la vocation industrielle du lieu. C’est par ailleurs de cette dernière installation qu’il reste aujourd’hui des vestiges et notamment la grande cheminée en briques rouges marquée des initiales « SN ».

Il faudra ensuite attendre 1974 et le rachat du terrain par la ville de Rezé pour assister à la renaissance du site. Trois ans de travaux sont nécessaires pour le remettre en état et le transformer selon la volonté du conseil municipal de la ville en « parc public et jardin public botanique ». Il ouvrira en 1977.

Aujourd’hui, vous pouvez venir admirer le résultat de ces divers réaménagements. L’ancienne tannerie, par exemple, est devenu un centre d’accueil des délégations étrangères et l’été venu, le rez de chaussée du manoir  devient un lieu d’exposition. Le terrain, quant à lui, d’une surface de trois hectares, permet de longues promenades en compagnie de platanes quatre fois centenaires, d’un séquoia gigantea ou encore d’un sophora pleureur. Une belle perspective de sortie donc en prévision des beaux jours ! À bon  entendeur …

 

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